musikmania.net > paroles > frères misère > frères misère (1996)

IL NE SUFFIT PAS

(Mano Solo / Mano Solo-Frères Misères)

Il ne suffit pas de s'offusquer
Quand on tue un étranger
De dire que la France à la merde au cul
Qu'à Orange Toulon ça pue
Il ne suffit pas de s'étonner devant les scores
De Le Pen
Répéter mille fois ça m'fait de la peine
Il ne suffit pas de dire ce sont des gros cons
Ni d'écrire de grands articles à sensation
Il ne suffit pas de crier au loup pour ces chiens
Cette meute qui rameute en notre sein
Il ne suffit pas de condamner ces condamneurs
De dénoncer ces dénonceurs
Il ne suffit pas de gueuler plus jamais ça
Et tranquillement rentrer chez soi
Alors que lui il va voter
Son meilleur moyen pour nous niquer
Le cyclope dans sa grotte fuma sa gauloise
En écoutant sa putain de musique bavaroise
Mais qu'est-ce qu'on peut faire
Ils savent mieux que toi faire la guerre
Qu'est-ce qu'on peut faire
Ah putain
Des chansons à la con

DEUX MAINS POUR DEMAIN

(Mano Solo / Mano Solo-Frères Misères)

Quand tu trembles au coin d'une rue
De rage et de dépit
Que tu marches depuis toute une vie
Sans jamais jamais rencontrer la porte d'un ami
Quand au bout du fil des voix lointaines
Vont mêmes jusqu'à te dire qu'elles t'aiment
Pour le lendemain changer de trottoir
On serre pas la main du désespoir
Prends tes deux mains pour demain
Même si les sourires de la vie
Sont pleins de fausses dents
Tape crache et rentre dedans
Exauce toi-même tes putains de prières
Prends tes deux mains pour demain
Si tu prends un pain
Faut que t'en rendes vingt
Prends tes deux mains pour demain
Exauce toi-même tes putains de prières
T'as beau courir, t'as beau t'enfuir
T'as beau rêver faut pas rêver
T'as beau traîner des pieds
Rechigner
Ta révolution personne ne la fera pour toi
Prends tes deux mains pour demain
Deux mains pour demain pour demain

LA DÉBÂCLE

(Mano Solo / Mano Solo-Frères Misères)

Ne perds pas ton temps
A vouloir deviner le rêve de Chirac
Chirac ne rêve pas
Pourtant il dort à poings fermés
Quand dans la rue les poings se ferment
Chirac nous parle dans sa télé
Du social des grandes priorités
Comme investir dans Euro Disney
Aux exclus il leur préfère Mickey
De gros avions il faut bien ça
Pour ses week-ends à Mururoa
Chirac c'est la debâcle
Le monde entier ne peut plus nous blairer
Il a peut-être pas tort
Devant les français dans la rue pour leurs points de retraite
Il a peut-être pas tort
Devant les vingt pour cent qui votent gros porc
Il a peut-être pas tort
Devant Chirac à l'aéroport
Deux pilotes dans son panier
Il revient de son sale marché
Chirac y'a plus aucun doute
C'est sûr que tu nous dégouttes
Chirac symbole du vide
Pire fléau que les pluies acides
Tu ronges le rêve jusqu'à la sève
Tu l'achèves et il crève
Pourtant tu dors à poings fermés
Quand dans la rue les poings se ferment
Et toi tu dors à poings fermés
Quand dans la rue les poings se ferment

NOUS PARTIRONS

(Mano Solo / Frères Misère)

Un jour nous partirons
Et nos morts avec nous
Dans le silence des grands débats
Nous laisserons les maux sur le papier
Souffrir pour nous une éternité
Un jour nous partirons
Dans l'oubli de nos frères de misère
Nous lutterons jusqu'au dernier
Même après que soit perdue la bataille
Un jour nous partirons
Comme des poulets sans têtes
Nos jambes nous porteront
En dansant des airs de fête
Il ne sert plus à rien de croire
Il suffit de se battre
Un jour nous partirons
Dans la pente quatre à quatre
Nous lutterons jusqu'au dernier
Même après que soit perdue la bataille
Un jour nous partirons
Léchés par les flammes nous sourirons
Nous avions juré ne jamais céder qu'à la force
Nous tiendrons notre parole
Un jour nous partirons
Dans l'oubli de nos frères de misère

PAUV' PETIT

(Mano Solo / Mano Solo)

C'était un pauv' petit
Qui traînait sur le boulevard
Sa mère l'avait la folie
Son père était au placard
C'était un pauv' petit
Qu'a joué au maquisard
Debout avec son fusil
En haut de la rue Rochechouart
La révolution c'était pas pour lui
Il ne comptait plus sur son pétard
Pour lutter contre l'ennui
Les lendemains qui chantent blafards
Quand il a mis son chargeur
Les gens ont pris peur
C'était juste un pauv' petit
Qui traînait sur le boulevard
Alors il a dit mes amis
Nous ne sommes que des cafards
La révolution c'est tout petit
Elle se joue ici ce soir
C'était juste un pauv' petit
Quand il a levé son fusil
Une poussière dans l'histoire
Debout sur le trottoir
C'était un pauv' petit
Un de ces p'tits gars de Paris
Sa pensée c'est arrêtée
Quand sa tête a explosé
Pan !

JE N'AI PAS

(Mano Solo / Mano Solo-Frères Misère)

Je n'ai pas d'avenir
Je n'ai qu'un destin
Celui de n'être qu'un souvenir
C'est pour demain
Je n'ai rien à croire
Je n'ai pas d'espoir
Je n'ai plus de passion
Je suis en prison
Je n'ai pas de raison
Mais je n'ai pas tort
Je n'ai pas de maison
Mais je ne couche pas dehors
Je n'ai pas d'amis
Je n'ai pas de parti
Je n'ai pas de fusil
Je n'ai pas de pays
Je n'ai pas de pitié
Je n'ai pas de quartier
Je n'ai pas d'amour
J'ai passé mon tour
Je n'ai pas d'enfants
Je n'ai pas de parents
Je n'ai pas de mémoire
Je n'ai pas d'histoire
Je n'ai pas de travail
Je n'ai pas mangé de l'ail
Je n'ai pas d'armure
Je n'ai pas de voiture
Je n'ai pas de futur
Je n'ai qu'un destin
Je n'ai pas de futur
Quelle aventure
Je n'ai pas de futur
Je n'ai que la torture
Je n'ai pas de pouvoir
Je n'ai que le trottoir
Je n'ai pas la gale
Je ne suis pas sale
Mais j'ai un trou de balle
Et c'est plutôt banal
Je n'ai pas de visage
Je n'ai pas d'image
Je n'ai pas de chetron
Je suis un homme tronc
Je n'ai pas de pédale
Je n'ai pas de wua-wua
Je n'ai pas du cristal
Au fond de la voix
Je n'ai pas de retenue
Oui mais j'ai des capotes
Quand j'en ai plus
Je me les tricote
Je n'ai pas de frigo
Je n'ai pas de bistro
Je n'ai pas d'apéro
Je ne bois que de l'eau
Je n'ai pas d'équipe
Je n'ai pas d'éthique
Je n'ai pas d'époque
Je n'ai pas la cote
Je n'ai pas de mission
Je n'ai pas de vision
Je n'ai pas de religion
Je n'ai pas de goupillon
Je n'ai pas bonne mine
Je n'ai pas d'origine
Je n'ai pas de papiers
Je suis mal barré
Je n'ai pas le droit de vote
Pour poser ma crotte
Pas vraiment patriote
Je suis pas nazebroque
Je n'ai pas de posse
Et je n'ai pas de flingue
Ca m'évitera Fleury
Où je deviendrais dingue
Je n'ai pas d'avenir
Je n'ai qu'un destin

LA RÉVOLUTION

Où est-ce qu’elle est ta révolution papa
Où tu m’emmenais quand j’avais cinq ans
Habillé en rouge comme un drapeau
Où est-ce qu’elle est ta plage sous les pavés
La marée noire l’a emportée
A moins que ce soit la marée brune
J’ose à peine y croire
Y’a plus que les fachos pour avoir de l'espoir
La révolution c'est plus comme avant
Avant y’avait le noir et le blanc
Et maintenant y’a plus que du gris partout
On n'a pas avancé de beaucoup
Et tu sais moi je les envie un peu
Tout ces mecs qui foutent le feu dans leurs banlieues
Z’ont pas appris à réfléchir
Z'ont juste appris à vomir
Et vomir ça fait du bien
Quand t’attends vraiment plus rien
Et que c’est rien qui t’attend
La révolution c’est plus comme avant
Avant y’avais le noir et le blanc
Et maintenant y’as plus que du gris partout
On n'a pas avancé de beaucoup

RIEN DE PIRE

Que peut-il arriver de pire
Que de rester sous cet empire
Cet ennui qui colle à nos destins
Qui fait que tout devient toujours rien
Que peut-il nous arriver de pire
Que l’on ait pas déjà supporté
Que devient le rien quand il fait un tout
Il devient fou je ne vous apprend rien
Que peut-on promettre à un homme mort
Essayez donc d’adoucir mon sort
C’est peine perdue vous serez vaincus
Je cours si vite que vous ne verrez que mon cul
Que peut-il nous arriver de pire
Que s’il ne nous arrivait rien
On en aura perdu des causes
On est tous coupables de quelque chose
Que peut-il nous arriver de pire
Que l’on ait pas déjà supporté
Que devient le rien quand il faut un tout
Il devient fou je ne vous apprend rien
Que peut-on promettre à un homme
Essayez-donc d’adoucir mon sort
C’est peine perdue vous serez vaincus
Je cours si vite que vous ne verez que mon cul

ON VOUS AURA PRÉVENU

Dans un pays d’extrême droite
On se torche avec les doigts
Y’a plus de journaux pour ça
Dans un pays d’extrême droite
On s’inscrit pas au syndicat
des syndicats y’en a pas
Dans un pays d’extrême droite
Y’a plus de pauvres
y’a juste l’Etat et les autres
Si t’es pas de la bonne couleur t’es transparent
Dans un pays d’extrême droite
la justice porte le képi
Peine de mort au coin de la rue
Dans un pays d’extrême droite
On y parle beaucoup de Dieu
Parce que ça fait longtemps
qu’il a quitté les lieux
La musique est militaire
ses instruments sont la haine et la guerre
Dans un pays d’extrême droite
tu dis pas non a tout bout de champ
ou alors au bout du champ de tir
Dans un pays d’extrême droite
Les femmes peuvent bien avorter
mais à grands coups de baïonnette

On vous aura prévenus.

SALUT ÇA VA

On avait envie de le retrouver
alors on s’étaient faites jolies
on étaient toutes, toutes excitées
En arrivant là-bas, il souriait déjà !

On lui a dit, salut ça va
on s’est assises, on l’a écouté
on a presque pleuré Ooooh !

Tu chantais ta dernière chanson
Qu’est ce que c’est bon, on a dit !
Ton oeil noir nous a regardées
Et l’étoile de mer elle est tombée par terre

On lui a dit, salut ça va
on s’est assises, on l’a écouté
on a presque pleuré Ooooh !

Tu nous as dit, c’est toujours les mêmes
qui parlent, et parler, et parler ça me gêne
Tu nous as fait du mal, le coeur tout explosé
Mais on s’en fout, on t’aimera quand même

On avait envie de le retrouver
alors on s’étaient faites jolies
on étaient toutes, toutes excitées
En arrivant là-bas, il souriait déjà !

On lui a dit, salut ça va
on s’est assises, on l’a écouté
on a presque pleuré Ooooh !

JE ME SUIS FAIT MAL

Je me suis fait du mal
bien plus que tu n’aurais pus m’en faire
je me suis mis des chaînes
que n’aurait pas forgé ta haine
je me suis ouvert les veines
sur le fil de ton silence, j’en ai mis partout
j’étais bien plus fou que ce que tu croyais
mais bien moins, de combien t’en avais peur
pour un regard je me suis crevé un oeil
Arraché les dents pour un sourire
J’ai écartelé ma voix
pour un mot de toi
pour un mot de toi
j’ai laissé pousser ce houx, dans mon coeur
ou sont enterrées tant de jolies fleurs
j’ai creusé ce gouffre dans ma poitrine
où sont enterrées tant de victimes
J’ai massacré mes amis
ouvert la porte à mes ennemis
et j’ai fait du bien, à des vilains
qui m’ont tous chiés, dans la main
J’ai pénétré la bataille
avec juste ma bite et mon couteau
mais je n’ai rien gagné
A ne pas vouloir tout perdre
Et je marche dans cette nuit
et je porte trop bien mon nom
Comme un chien migrateur
j’ai usé les semelles
et les cordes de ma guitare
Je me suis fait du mal
Bien plus que tu n’aurais pus m’en faire
je me suis mis des chaînes
que n’aurait pas forgé ta haine
Je me suis fait du mal
je me suis mis des chaînes